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Jura

Situation géographique

Petit villages aux grands toits, clochers aux bulbes comtois, c’est le jura. Il fut Bourguignon puis Espagnol avant de redevenir Français sous Louis XIV. C’est le département du Jura, le vignoble est situé entre l’Ain et le Doubs, sur une bande de terrain allant de Sallins à saint Amour, sur près de 80 km de longueur et 12 km sur sa plus grande largeur : un chapelet de grains de raisin. Son vignoble le Revermont s’étend sur une fracture géologique séparant la plaine de la Bresse et le premier plateau des monts du Jura. Les « reculés forment des marchent d’escalier rocheuses et boisées. Elles donnent une profonde originalité à ce paysage déjà grave et rude, qu’adoucissent les coteaux plantés de vigne.

Le vignoble est situé entre 220 et 380 m d’altitude, il est généralement exposé à l’ouest, parfois au sud ouest et au midi au gré des combes. Assez plat aux abords de l’Ain, le relief s’anime ensuite, surtout de Château Chalon à Arbois. Au dessus de Salins, le Mont Poupet marque la fin du vignoble.

Historique

Le vignoble du Jura est l’un des plus vieux de France. Le premier personnage à parler des vins du Jura fut le consul romain Pline le jeune (62-144). C’est d’ailleurs sous l’impulsion des Romains que le vignoble prendra son essor. Un essor qui ne devait ensuite jamais se démentir. Arbois, Château-Chalon, l’Etoile, les trois perles viticoles jurassiennes seront citées pour leurs qualités dès le premier millénaire.

Le vignoble du Jura atteindra son apogée à la fin du 19ème siècle avec 20 000 ha. Le phylloxéra, les guerres, les conjonctures difficiles l’affecteront beaucoup. Il ne fait guère plus de 1500 ha aujourd’hui en AOC et une production de l’ordre de 41 000 hl.

La vigne de Pasteur : enfant du Jura, le grand savant Louis Pasteur vécut à Arbois dans la maison de son père qui exerçait le métier de tanneur, Pasteur resta très attaché à cette petite ville.
Sur une vigne acquise en 3 parcelles en 1874, 1879, et 1892, il procéda à des travaux qui lui permirent d’étudier les mystères de la fermentation alcoolique. Les résultats de ses expériences apportèrent certes à la médecine un remède aux maladies infectieuses, mais ils sont aussi à l’origine de la science du vin et de l’œnologie.

Le climat

Le climat est semi-continental. Les hivers sont rudes. Mais le temps clément démarre dés les premiers jours du printemps pour donner des étés et des automnes particulièrement chauds. Les vendanges ne commencent guère avant le 1er octobre. Si le climat soumet parfois la vigne à des rigueurs, l(ensoleillement compense ces difficultés.

Sols

Les marnes bleues, noires ou rouges constituent la grande majorité du sous-sol. Quelques éboulis calcaires du plateau les recouvrent çà et là dans le vignoble nord. Très enchevêtrés par les caprices d’une géologie agitée, les terrains appartiennent au Secondaire : marnes rouges lie de vin, argileuses qui donnent les rouges et les rosés, marnes bleues mêlées aux éboulis calcaires où réussissent très bien les blancs.

Cépages

Les vignerons cultivent 3 cépages rouges et 2 cépages blancs, à savoir :

Pour les rouges :

  • Poulsard ou Ploussard, Pinot noir, Trousseau
Cépage Poulsard Cépage Trousseau Cépage Pinot Noir

Pour les blancs :

  • Chardonnay appelé melon en Arbois ou gamay blanc, Savagnin ou naturé (le savagnin est typiquement Jurassien, il n’est pas cultivé ailleurs)

 

Cépage Chardonnay Cépage Savagnin

Ils produisent des vins qui ont vraiment, comme les Jurassiens, leur accent. Rouges et rosés sont francs, fruités et floraux avec juste ce qu’il faut de corps pour s’épanouir après quelques années. Les rosés présentent ici la particularité d’être des faux rouges, car il sont vinifiés comme des rouges, par cuvaison longue. Leur faible couleur n’est due qu’à la particularité du cépage Poulsard, peu coloré. Ils ont par ailleurs le caractère des vins rouges et prennent souvent une teinte tuilée au vieillissement. Secs aux arômes de noix, noisette et d’amande grillées, les blancs expriment une personnalité qui tire parfois sur le jaune (il s’agit d’un goût et non pas d’une couleur) et les rend absolument uniques. On y produit également d’excellents effervescents.

Les Appellations du Jura

Côtes du Jura

C’est l’appellation générique du vignoble elle recouvre tout le vignoble. Elle englobe une soixantaine de villages viticoles dont les plus connus sont Poligny (ou le vin rencontre sur sa route le fromage de Comté), Voiteur, Le Vernois (ou le vignoble à été totalement remembré, cas unique en France), Arlay, Gevingey, Rotalier, Beaufort à l’exception des appellation Arbois, Château Chalon et l’Etoile. Mais tous ont leur charme et leur terroir propre.

Arbois

Capitale officielle du vignoble depuis 1986, la ville médiévale d’Arbois est en outre la première AOC de France a avoir été retenue par le législateur (15.05.1936).

Arbois est produite sur 780 hectares, répartis sur 13 communes du canton d’Arbois. Les Arsures, Montigny, Mesnay, Vadans, Villette-les Arbois et Pupillin figurent parmi les principaux villages vignerons l’appellation. La jolie petite ville d’Arbois, ocre, traversée par la Cuisance et nichée autour du clocher de calcaire jaune est tout entièrement cernée de vignes.

Ayant sonné le réveil des vins du Jura, elle en constitue le principal centre économique. Le premier dimanche de septembre, on fête le biou, énorme grappe faite de centaine de raisins que l’on offre en procession à Saint-Just, patron d’Arbois. Mais le grand homme du pays reste Pasteur dont on visite la maison et l’un des laboratoires. La production varie de 20000 à 40000 hectolitres par an. Depuis 1970 Pupillin est identifiée par l’adjonction de son nom à celui d’Arbois.

Etoile

Cette appellation est réservée aux vins blancs et jaunes. Elle doit son nom à la forme des segments de tiges d’encrines, fossiles que l’on trouve dans le sol. Le vin de l’Etoile (3000 hectolitres, 55 hectares) est produit sur des marnes liasiques des coteaux particulièrement bien exposés des trois communes de : l’Etoile, Plainoiseau et Saint-Didier. Le Chardonnay et le Savagnin donnent des vins élégants ayant beaucoup de caractère et particulièrement apte à vieillir. C’est un vin blanc au goût de terroir très personnel de pierre à fusil et de noisette. L’Etoile produit également des vins mousseux.

Château-Chalon

Vieux village perché sur un escarpement rocheux, Château-Chalon domine des pentes d’abord boisées puis recouverte de vignes. Des éboulis calcaires se mêlent sur les versants les plus rudes aux marnes du Lias (marnes bleues), puis les terrains marneux sont plus homogènes. La Seille a sculpté une « reculé » qui abrite le vignoble des vents du nord.

Nul ne discute son rang : le Château Chalon fait une partie des plus grands vins blancs de France. Blanc n’est d’ailleurs pas le mot, puisque cette appellation concerne exclusivement le « vin jaune ». Il est produit sur les communes de Menetru, Domblans et Nevy-sur-Seille. En tout guère plus de 40 hectares qui produisent jusqu’à 1000 hectolitres par an (soit 25 hectolitres par hectares), ce vin est aussi précieux que rare. Les viticulteurs définissent après une visite de chaque parcelle, le rendement possible. Lorsque la maturité n’a pas été suffisante il décident de ne pas en produire (1974, 1980, 1984). Seul le cépage savagnin donne droit à cette appellation.