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Vignes à Conflans

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Vignes à Conflans

Bientôt la renaissance d’un vignoble tombé dans l’oubli ?

Le chef Yannick Alléno et le prestigieux domaine Marquis d’Angerville viennent de replanter 30 ares de vignes en biodynamie… à une trentaine de kilomètres de Paris.
Par Alicia Dorey

Qui se souvient avoir déjà trempé ses lèvres dans un verre de vin d’Ile-de-France ? Personne. Hormis quelques sympathiques picrates produites sur de maigres parcelles familiales, il y a fort à parier que la majeure partie du vignoble francilien d’antan soit aujourd’hui ensevelie sous une épaisse couche de béton. Voilà pourtant un terroir qui ne manque pas d’intérêt, et qui fut autrefois « une grande région viticole » selon Guillaume D’Angerville, vigneron dont les domaines situés à Volnay et Arbois produisent eux-mêmes des vins d’exception.

C’est à l’initiative du chef Yannick Alléno que Guillaume s’est lancé il y a deux ans dans une aventure pour le moins étonnante : celle de replanter des vignes sur la commune de Conflans, à une trentaine de kilomètres de Paris. Le choix du lieu ne tient pas du hasard, puisque la parcelle appartient à Laurent Berrurier, maraîcher très connu des grands noms de la gastronomie parisienne, dont les légumes garnissent les plus belles tables étoilées de la capitale.

« Lorsque j’ai rencontré Laurent, il prenait le RER pour amener ses choux de Pontoise au Meurice. » s’amuse Yannick Alléno. « Un jour, il m’a parlé de vignes préphylloxériques situées près de ses champs, et à partir desquelles sa tante faisait un petit vin léger stocké dans des bouteilles en plastique. »

 

Passetoutgrain, vin de copains

Le chef demande alors à Guillaume D’Angerville, dont il admire le personnage tout autant que les vins, de venir étudier la faisabilité du projet. « J’ai été séduit par cette parcelle exposée au sud, dominant la Seine, posée sur une falaise de calcaire. » affirme le vigneron. « J’y suis retourné avec un spécialiste des sols et sous-sols de Bourgogne, et nous avons décidé de planter deux tiers de Pinot noir et un tiers de Gamay, destinés à produire un vin que j’adore, le Passetoutgrain. « L’ambition commune des trois hommes : produire un vin léger et gouleyant, à l’image de ceux que la grand-mère de Yannick Alléno déposait à chaque extrémité des rangs de pommes de terre de son jardin, afin de motiver les ouvriers agricoles. « A l’époque, les vins ne titraient pas à plus de 9 degrés. L’ensoleillement n’était pas le même. » se souvient le chef. « Mon rêve, ici, est de faire un vin que l’on puisse boire ensemble, entre copains. »

La semaine dernière, on a pu admirer sur le compte Instagram du chef et de quelques heureux élus recrutés pour l’occasion quelques clichés de cette journée de plantation, dans une atmosphère de gentlemen-farmers on ne peut plus bucolique. Les vignes seront cultivées en biodynamie, avec l’aide des équipes du domaine de Volnay, présentes pour conseiller et accompagner Laurent Berrurier dans son nouveau rôle de viticulteur. D’ici quatre ans, si tout va bien, on pourra donc déguster la première cuvée du Clos Bellevue, (qui sera commercialisée à un prix encore inconnu), et boire à la santé d’un vignoble encore confidentiel, que l’on aurait tort de ne pas garder à l’oeil.

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